En cherchant l’homme aux petits cigares dans les commerces aux alentours, il voit un mégot sur le trottoir devant une armurerie, un mégot qu’il reconnait instantanément. L’individu est à l’intérieur. Raphaël préfère attendre qu’il sorte. Il le suit jusqu’à sa voiture et le coince juste avant que l’homme n’ouvre la porte.

– Nous avons à parler tous les deux.

En se retournant, l’espion a un mouvement de recul. Il voit bien dans le regard de Raphaël une détermination à toute épreuve. Il tente quand même de s’éclipser en se retournant pour enfoncer la clef dans la serrure de sa voiture.

– Je crois pas, non !

Raphaël lui attrape fermement la main. Son antagoniste comprend bien qu’il ne ferait pas le poids, l’adversaire est bien plus jeune, bien plus fort.

– Vous n’avez pas le choix. Quitte à vous envoyer à l’hôpital et moi en cabane je ne vous laisserai pas repartir.

– Qu’est ce que vous voulez ?

– Vous le savez très bien, lui répond Raphaël en élevant la voix.

L’homme se mord les lèvres en retirant la clef de la serrure.

– Je connaissais vos parents, c’est tout.

– Je vous préviens, ça va mal se terminer. J’ai rien à perdre moi. Il y a un élément nouveau et bientôt un gonze aux urgences si vous continuez … L’enquête peut être rouverte.

– Non ! Surtout pas ! Quel élément ?

Des passants commençaient à regarder le couple en dispute.

– Il vaut mieux que l’on en parle ailleurs. On va aller boire un jus de bas.

Une fois installé dans un café à l’écart d’oreilles indiscrètes, Raphaël saisit le bord de la table devant lui comme pour se retenir d’une action qu’il regretterait. Il a le regard dur, agressif.

– Alors ! On va pas tourner six mois autour du pot. Vous me connaissez et vous savez ce que je cherche.

– Qu’est ce que vous cherchez ?

– Des réponses ! Et vous, des réponses vous en avez, sinon pourquoi me surveiller sans arrêt ?

L’homme le regarde et attend un petit moment avant lui répondre, ce qui tend encore un peu plus les nerfs de Raphaël qui serre de plus belle le rebord de la table.

– Pantoute ! Je vous connais à peine et je n’ai rien à vous dire.

Il marque un temps d’arrêt, Raphaël le fusille du regard.

– Je m’appelle Raphaël Lévesque et vous Antoine …

– Antoine Tremblay ! Et puis après !

– Vous avez été notre voisin pendant des années.

– Et alors !

– Vous l’étiez encore quand mes parents ont disparu. Vous avez rapporté des outils au moment de leurs disparitions et vous avez caché un élément essentiel à la police.

– Qu’est ce que vous allez chercher là ? Quel élément ?

Raphaël sort une feuille de papier vierge de la poche de sa veste et la tend à son interlocuteur.

– Écrivez dessus « ne t’inquiète pas, mais rappelle-moi en urgence. »

– Pourquoi ?

Raphaël se relève en se penchant en avant et tape violemment sur la table en criant.

– Parce que je te le demande, espèce de moron.

Plusieurs clients se retournent. Le serveur arrête d’essuyer ses verres pour observer les antagonistes. Tremblay comprend que son interlocuteur ne lâchera pas le morceau et ne veut apparemment pas se faire remarquer.

– Ça va ! Pas besoin de se sauter dans la face.

Il prend le papier, sort un stylo de sa veste, appuie sur l’extrémité pour en faire sortir la mine et écrit. Dès qu’il a terminé, il tend la feuille à Raphaël.

– Voilà !

Tout en ne le quittant pas des yeux, le jeune homme plonge sa main dans la poche intérieure de sa veste pour en sortir le mot trouvé dans la boite de mèches. Il les regarde un moment pour comparer les écritures, puis relève lentement son regard vers l’interlocuteur en tournant les deux feuilles vers lui. Le voisin les prend en fronçant les sourcils.

– Qu’est ce que ça veut dire ?

– C’est un mot que j’ai retrouvé dans le garage, qui date du jour de la disparition de mes parents.

– Comment pouvez-vous être sûr de la date ?

– Je peux pas vous le dire, mais j’en suis sûr.

– Ne me croyez pas si vous voulez, mais je n’ ai pas écrit ce mot.

Tremblay devine que son ex-voisin va s’énerver à la vue de son visage qui se déforme à la manière d’une tête de cire que l’on introduirait dans un four à pizza. Il préfère prendre les devants.

– Ne vous mettez en colère. Je vous jure que c’est vrai. C’est la même écriture, mais il doit y avoir une explication.

– Maintenant vous allez tout me dire, qu’est ce qu’il vous avait laissé en plus des outils.

 

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